Des nouvelles du chantier !

 

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Dans le piétonnier de notre petite ville, on peut nous suivre à la trace ; il y a des traînées de poussières blanches qui marquent les pavés et les trottoirs.

On retrouve des empreintes du 36 au 46, il y en a devant le supermarché, devant chez Vitamine notre primeur, devant chez Parfums de Cuisine… Avec un peu de plâtre, de peinture, de sciure ou encore de gravas, les traces s’emmêlent du piétonnier jusqu’à la Sambre.

Car c’est sur un coin de la rue des Brasseurs, au numéro 46 que Botanical by Alfonse commence à prendre vie.

Le 46 a déjà bien vécu. Quand nous sommes arrivés, il n’était plus qu’un vieux troquet abandonné depuis des lustres. Enfumé par des dizaines d’années de clopage intensif, décoré par une structure de poutres jaunies dans le style « chalet alsacien », il était flanqué d’un urinoir, bancal et bouché, qui trônait en plein milieu d’un couloir ; même le plafonnage avait foutu le camp tout en maudissant l’endroit.

Certains disent dans la rue, qu’avant de puer le vieux cigare et de servir de la bière plate dans des verres sales, le coin abritait, dans les années soixante, des femmes et des jeux pas très catholiques ! Il paraîtrait même qu’avant ces coquineries, il a servi de quartier général aux Allemands…(non, je blague pour ce coup-là , mais c’est bien ce que j’ai dit à Valentin pour pimenter la charge historique du lieu).

Séduits dès le premier coup d’œil, entourés par nos familles et nos amis (sans qui nous n’aurions jamais rien pu faire) nous avons cassé, détruit, démoli pour faire peu à peu renaître ce coin de rue.

Mais revenons à nos empreintes et donc aux travaux : depuis octobre, nous avons littéralement vécu sous une couche de particules. En plus de nous suivre, la poussière montait jusqu’à chez nous, sans gêne et intrusive, elle tapissait nos meubles et se lovait dans nos habits.

Tout au long de ces mois, elle a recouvert nos vies de mille émotions. Parfois, elle me semblait bien peu de chose, un seul revers de la main et elle disparaissait. Elle devenait une partie futile de ce si grand projet.

Parfois, j’étais ravie de la voir, signe que tout avançait bien : on ne construit rien sans salir, cette crasse était la preuve du travail déjà accompli. Plus il y en avait, plus je me disais que l’on avait bien trimé. L’eau sale de la douche devenait un fait, les cheveux et les poils de nez devenus blancs de Valentin, un élan de motivation.

D’autres jours par contre, surtout lorsque le froid s’est installé ; je ne pouvais plus la voir. J’avais l’impression qu’elle collait aux pores de ma peau comme du pollen, elle obstruait mes oreilles et me grattait les yeux. Ses grains se faisaient urticants, toxiques ; j’ai eu parfois l’impression d’être ensevelie, prise au piège d’un bac à sable, terrassée par un amas de salissures où seule ma tête émergeait encore. Je regardais toutes ces charges lourdes, ces obstacles imprévisibles, ces problèmes et je me sentais soudain inutile, juste capable de mesurer l’ampleur de la tâche et à décompter les jours déjà saturés d’objectifs à atteindre.

Étrangement et de manière contradictoire, il est aussi arrivé que je me réjouisse de la retrouver !  Lors d’événements avec Alfonse Caravan-bar, je passais tout mon temps à penser au chantier ; à ce qui me tardait à poncer, à rénover. Je me réjouissais d’être avec nos proches, vêtue d’une salopette trouée, à boire des bières comme un homme, tout en chantant à tue-tête sur une échelle. Parce que construire son projet avec ceux que l’on aime, c’est aussi vivre des moments précieux.

A présent, les semelles poussiéreuses commencent à se faire plus rares et j’ai presque peur que cette satané pellicule ne vienne à me manquer. Il y a de moins en moins de traces de pas et soudainement, on marche à deux vers l’inconnu. C’est stressant et excitant à la fois.

Voilà donc pour les nouvelles du chantier : Botanical by Alfonse commence à respirer, il sera bientôt un bar à cocktails et mixologie, prêt pour une nouvelle vie sur le coin de la rue des Brasseurs. Valentin et moi trépignons d’impatience et il nous tarde de partager tout ça avec vous !

Ps : Voisins, voisines, amis du quartier, c’est presque fini, on arrête de «saloper» les rues !

Merci à Fanny Myard d’avoir capturé cette aventure inoubliable, les photos parlent d’elles-mêmes ❤

 

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