Les multiples vies d’un deux roues

DSC_0054(1).jpgAlfonse n’est pas très athlétique, il n’est pas dessiné pour la vitesse. Il fait peser sa rondeur sur ses deux petites roues, de tout son poids. Aujourd’hui, nous partons dans les Ardennes, alors Alfonse c’est un peu « pépé fait de la grimpette ».
 
En petit gros, il se laisse tracter sur les routes sinueuses qui relient les villages entre eux. Il vaut mieux ne pas habiter le Mont-Ventoux quand on veut une caravane-bar !
Même s’il n’est pas sportif,  il doit apprécier les ballades avec nous, être ballotté d’un point à un autre tous les weekends, parce qu’il fait chanter le matériel dans son large ventre. Entre chaque bosse, il fait trinquer les verres, de contentement sans doute.
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Ce bruit de verre, ça me rappelle un de mes anniversaires : Amandine m’avait interdit de secouer mon cadeau, me connaissant bien, elle imaginait mon impatience à en découvrir le contenu…Espiègle désobéissance ; mon cadeau, c’était des verres à vin…
 
De bruyants cahots marquent l’arrivée d’Alfonse dans un village, sur une place aux gros pavés qui devaient avoir le dos rond il y a longtemps, lisses et gris sous la fine pluie.
Au centre de la place, se trouve une grande église aux allures d’épaisse ferme. C’est agréable comme endroit pour Alfonse, un peu de campagne. Nous le libérons du cache, nous ouvrons le bar. Quelques gouttes de pluie viennent tâcher le chêne, mais il ne fait pas froid, il paraît que nous sommes en « juin-bre ».
 
Mais l’histoire nous apprendra qu’il faut bien plus qu’une « drachounette » pour décourager les ardennais.
Alfonse, sous la protection du Saint Bâtiment, accueille ses premiers clients venus quérir une bonne bouteille dans la boutique d’à coté (le seul autre point de vente que j’ai pu remarquer dans le village, c’est la boucherie, du vin et de la viande, what else?) .
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 Les cocktails s’envolent, la pluie reste. Un jeune homme de la région fait croire à une dame de passage qu’il est coutume de vivre avec des sangliers chez soi dans les Ardennes. 
 
Alfonse vibre, et ce n’est pas à cause de nos va-et-vient dans sa bedaine , je suis sûre qu’il se bidonne. 
 
La vue du village s’étend jusqu’à la lisière de pins prise dans la brume. La pluie fine continue de couler, elle clapote à la surface des cocktails, ruisselle sur les fronts, s’immisce entre le col et la nuque. Mais personne n’a l’air de la remarquer, l’indifférence totale. Qu’elle imprègne les vêtements semble être le cadet des soucis d’un Ardennais. Une particularité régionale notable.
 
Des enfants grimpent sur le plan de travail, Valentin shake et entraîne Alfonse avec lui. J’entends toute la structure qui brimbale tout en discutant avec nos goûteurs du jour, avec des badauds, je me plais autant que lui sur les routes . 
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N’empêche que pour quelqu’un de non sportif, on peut dire qu’il en fait des choses, Alfonse. Né en Allemagne, adopté en Hollande, habitué des campings familiaux des années 60, et puis vendu au décès de son papa, Alfonse est à présent un papy belge de cœur. Un papy transformé, rajeunit qui s’envolera peut-être pour des festivals… A suivre
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