Mezcal story

 

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Les modes en alcool, c’est comme pour les fringues, ça change sans cesse. Pendant que nous laissions tomber nos « pattes d’eph » par terre, tremper dans les flaques, le jeans mouillé jusqu’aux genoux et ne tenant que par miracle sur les fesses, pendant que nous pensions que Kurt Cobain était mort assez vieux, c’est le whiskey qui était en vogue.
Ces dernières années dans le monde (où ces derniers mois dans nos contrées), c’est le gin qui est consommé en masse. On ne compte plus le nombre de personnes qui produisent cet alcool de grain. Rien qu’en Belgique, il doit bien y avoir mille variétés de gin différentes. Alors, maintenant que nous nous dandinons avec des pantalons taille-haute-comme-maman, que nous oublions nos skinny jeans pour à nouveau  le « pattes d’eph » (fort heureusement, coupé au trois-quart car le froc-balai, c’est vraiment pas cool), ce sont les « tequila » et autres « mezcal » qui reviennent en force.
Invités par Grit True Beverages, Valentin et moi-même nous sommes rendus à une « masterclass » sur ce breuvage mexicain. Une masterclass d’abord, qu’est-ce que c’est? C’est une classe (comme son nom l’indique) pour les barmans notamment qui veulent en apprendre davantage sur un sujet. On présente le ou les produits, on vous parle de sa provenance, de son histoire, on le goûte seul ou marié avec d’autres ingrédients.
Ça c’est pour la définition officielle, ça fait sérieux « masterclass », presque « formation ».  En vérité, c’est surtout une excellente raison de se bourrer la gueule!
20h, nous arrivons à Bruxelles. Cela fait bien huit ans que je n’étais pas revenue dans l’Impasse de la Fidélité. Rien n’a changé, certains anciens collègues sont justement toujours fidèles au poste, l’odeur de spiritueux mêlée à celle de la pluie est, elle aussi, identique. Il y a plus de bars que quand j’y travaillais et celui où nous nous rendons, je ne l’ai jamais vu.  L’Impasse, c’est un peu le parc d’attraction de la gnôle, les bars ont des thèmes et sont décorés en conséquence. On arrive au « Floris-tequila » et comme chaque fois, le patron n’a pas lésiné sur  la déco : lambris de bois au mur, têtes d’Aztèques au plafond,… Je me demande s’il fait appel à un architecte d’intérieur de Disneyland pour aménager chaque ambiance.
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Le « master » de la « classe » c’est Nazareth Navarro (what a name!),  il est déjà derrière le bar et nous propose un verre avant le début de la séance. Je me retrouve avec un cocktail mauve appelé « El diablo » dans  un « fat drink » (oui j’invente des termes), il veut vraiment que je m’écroule avant le début! Au début, le mezcal ravive mes vieux souvenirs de vomi-tequila, en plus, je ne suis pas une adepte des trucs forts et fumés. Ici, servi avec de la ginger beer et de la crème de cassis, ça passe forcément mieux que dans mes souvenirs de shot avec citron flétri et sel collant. Notre prof barman a un accent qui râpe les syllabes de l’anglais en fin de phrases, ça fait très mafia.
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22h, les « fat-drinks »  jonchent le bar devant nous, j’ai déjà perdu l’appareil photo deux fois, la veste de Valentin est par terre dans un coin, nous pouvons presque parler espagnol à l’heure qu’il est. La masterclass commence enfin, on monte à l’étage de l’établissement où un large écran plat déroule un powerpoint et nous rappelle d’un coup la raison de notre présence ici (il me semblait bien qu’il y avait quelque chose pour boire sans rien payer! hic!). Fins génies, les organisateurs ont fait appel aux services d’un charmant petit couple venu nous offrir à manger et par la même occasion, nous sauver la vie ! Au menu, tacos à volonté, faut respecter le thème! (je vous glisse le lien en bas de page, ça vaut le détour*). Un brin requinqués, la chemise de Valentin maculée de sauce, nous commençons l’heure et demi de « théorie » entrecoupée, bien sûr, par l’absorption de plus de cocktails.
Nous concluons le cours vers minuit avec la dégustation du produit en lui-même, en gros: faites péter les shots!!
02h du matin, nous sommes avec le délégué de chez Grit, le prof et deux barmans, en terrasse. Nous sommes tous passés au Mouscow mule (les bartenders ne boivent pas n’importe quoi), sauf Nazareth le prof qui tête sa bouteille de mezcal (la promotion jusqu’au bout).
Pendant le powerpoint, Valentin m’a fait poser des questions, m’a demandé de traduire, handicapé par son petit anglais. Alors qu’à cette heure avancée de la nuit, soutenu par l’ébriété,  il m’apparaît parfaitement bilingue cet homme !
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04h du mat, après avoir erré dans les rues, désespéré de trouver quelque fête, notre petit groupe, échoué sur un tabouret de bar inconnu, abruti par la musique genre fin de kermesse, se fane indéniablement, l’odeur de mezcal accompagnant chaque parole.
05h35, nous quittons nos nouveaux amis à coups de câlins américains, nous rentrons en train (prudents que nous sommes)  dans notre petite province, complètement ivres & titubants. Le mezcal a pompé toute l’eau de notre corps. Mon cerveau, privé de sa piscine, se cogne contre les parois de mon crâne à chaque pas, comme un noyau de pêche qui rebondit sur de la brique.
Que ce soient les cuites au gin tonic ou celles au mezcal, mes amis, n’oubliez pas que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, les masterclass sont à fréquenter avec modération!
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* http://www.tacomobil.be/

 

 

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