No more milk for her!

« Alexiane a arrêté le lait » quand je dis ça, on dirait que je parle de la clope ; j’ai autant d’exclamations et de « wahoo » que  de questions qui fusent directement après. C’est une discussion très tendance !

La clope, on pourrait dire que j’exagère, car dans son cas, il n’y a pas de véritable manque, sauf peut-être celui de ne plus voir flotter ses Frosties dans un grand bol. Pas d’angoisse liée au stress et je ne pense pas qu’Alexiane ait l’envie de sortir à minuit, sur son balcon, s ‘en boire un petit verre en « schmet ».

Ca a l’air effectivement plus simple. Sauf qu’en vérité, Alexiane est condamnée à ne plus rien manger. Il y a du lait partout : dans les chips, dans les sandwichs et  même dans des saucisses.Du fromage sur tout, de la poudre de lactose dans tout. Nous sommes assaillis !

Je lui propose un bout de tarte homemade, en toute innocence sans penser au foutu beurre de cette foutue tarte.

Dans le supermarché du quartier, je la vois remonter ses lunettes pour inspecter les étiquettes et les listes d’ingrédients, puis elle me sort sa moue déconfite et repose une nouvelle fois les produits.

Ce choix a une forte incidence sur son quotidien et par ailleurs, sur le mien car je ne fais que méditer sur le sujet depuis des semaines.

Quand je dis Alexiane a arrêté le lait, il faut que je modère mon propos. Ce choix drastique n’est pas issu d’une motivation Végan ou autre tendance alimentaire en vogue. Elle ne consomme dorénavant plus que du lait en provenance de la ferme et achète son beurre dans une surface certifiée de l’agriculture biologique.  Au revoir les barres Milka, au revoir les croissants, au revoir la mozzarella et bonjour que je fasse bouillir mon lait deux jours avant de l’avaler. Plus question d’aller grignoter un truc acheté au Paki du coin à minuit si elle n’a pas fait ses courses. Quel labeur inutile pourrait-on croire, mais je ne suis pas de cet avis.

 Elle me dit que ses motivations sont parfois floues car multiples, qu’elle a des milliers de raisons d’entreprendre ce défi, et  voudrait aussi, à terme, arrêter d’acheter de la viande dans les supermarchés.

Ce qui m’intéresse dans sa démarche, c’est justement ce point, éviter au maximum les supermarchés et rester « local ».

Soyons clairs, j’en ai rien à faire des extrémistes alimentaires qui vous comparent à des carnivores sans âmes, des phrases pathétiques lancées en défi genre :- « tu aimerais qu’on mange ton animal de compagnie ? » -Si c’était la guerre, que je crevais la dalle, qui sait….

On pourrait débattre pendant des heures, essayer de faire comprendre à un sauveur de buissons en sandales qu’aucun fermier n’élèverait des vaches par pur plaisir et que, couper des clôtures et attendre que les animaux s’enfuient en gambadant pour enfin vivre en paix, n’arrive que dans la tête d’esprits peu réalistes.

Ce qui m’intéresse moi, c’est le respect du produit, du changement d’attitude face à la consommation.

Même si je ne suis pas une fervente défenseure de la cause animale, d’ici j’entends Lara : -« boire un verre de lait, c’est pire que de manger un steak »,  je conteste évidemment le processus de l’alimentation. Je m’oppose  aux techniques connues de tous, infligées sur ce « déjà » morceau de viande obèse, debout et vivant,  s’empiffrant de farine animale, vacciné, bourré d’hormones, d’antibiotiques, malade, allergique, revacciné, , pompé de son lait à mort jusqu’à l’abattage brutal. Je n’ai pas envie de boire ce qui en découle, pas envie de me nourrir de ce qu’on en a fait.

Je veux  comme Alexiane, trouver des alternatives au lait ou n’en consommer qu’à l’occasion, manger moins de viande, de la meilleure viande. Je voudrais arrêter cette machine infernale.

Je sais que c’est un peu utopique de vouloir retourner à une vie plus authentique quand on vit en plein centre-ville et qu’on s’habille chez Zara. Je sais que c’est un effort que d’aller se fournir localement, qu’on n’a pas envie de faire bouillir son lait ,mais je suis convaincue que c’est pour un bien.

C’est une belle décision au final, car en s’astreignant à ce régime alimentaire, Alexiane me conforte dans mon envie d’artisanal, de vrai. Je la vois convaincue de ce qu’elle entreprend, c’est motivant.  Je boycotte les fast-foods, les sodas depuis des années. Valentin fait presque tout lui-même, mais on peut faire plus que du homemade, on peut aller plus loin, créer  une petite étincelle dans ce grand circuit de la surconsommation alimentaire.

Ma mère m’a dit ce soir :

-« J’ai entendu  à la radio ; les jeunes d’avant voulaient changer le monde, ceux d’aujourd’hui essaient de le maintenir en vie ! ».

 

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